Durant les deux dernières décennies du XIXe siècle, dans le quartier de la Neuveville à Fribourg, un chœur d'hommes existe au sein du Cercle de la Mutuelle, association de quartier fondée à la même époque.et composée en majeure partie d'ouvriers Pendant 15 ans, ce chœur accompagne les services religieux à St-Jean. Mais, en 1899, l'activité du chœur pâtit du départ du président du Cercle de la Mutuelle, M. Théodore Corboud, qui lui insufflait sa vitalité. MM. Jules Bise, instituteur, et Joseph Widder font les premières démarches qui aboutissent à la fondation d'un chœur mixte paroissial qui prend le nom de Caecilia. Le 28 mars 1901, la Caecilia réunie en assemblée générale nomme son premier président, qui le sera durant plus de 20 ans: M. Joseph Widder et son premier comité composé de 3 demoiselles et de 3 messieurs. La direction du chœur est confiée à M. Jules Bise qui assurera cette fonction durant 27 ans. Dans ses premières années, le chœur compte 15 à 20 membres actifs.

Anecdote: Le chœur entreprend des démarches et accorde un subside à la paroisse pour que la tribune de l'église soit agrandie; en effet, une partie de la tribune est utilisée par les détenus de la Maison de correction sise dans les bâtiments de la Commanderie et reliée à la tribune par une galerie aérienne.

 

La chronique dit que durant la première décennie du XXe siècle, le répertoire du chœur augmente, péniblement parfois, à cause du manque de connaissances musicales des membres et que la société, qui compte 34 membres, estime son développement encore insuffisant pour participer à un concours cantonal en 1906; cela incite la quasi-totalité des membres à suivre un cours de solfège.

Anecdotes: Le 15 mars 1902, le chœur emménage dans une salle du nouveau bâtiment de l'école de la Neuveville en y transportant tables et bancs fabriqués par des membres. En 1903, une amende de 10 centimes est instituée pour toute absence à la tribune, tandis que l'appointement du directeur passe à 50 centimes par répétition. Deux ans plus tard, on augmente l'amende à 20 centimes et on institue une amende de 10 centimes pour une arrivée tardive.

 

La deuxième décennie du XXe siècle est marquée par l'inauguration, le 28 avril 1915, d'un orgue qui remplace un petit instrument de 8 jeux. Dès août 1915 et durant plusieurs mois, les répétitions sont supprimées en raison du début de la guerre mondiale. En 1919, à l'occasion de son 20e anniversaire, le chœur, qui avait vécu selon une tradition bien établie, se dote de ses premiers statuts; il compte alors 40 membres.

Anecdote: En 1918, la fée électricité remplace le gaz pour l'éclairage de la salle de répétition.

De 1920 à 1929, pas moins de 6 présidents se succèdent. Le chœur compte une cinquantaine de membres placés, dès 1927, sous la direction de M. Louis Menoud. En plus de son service à l'église où il chante à chaque dimanche et fête religieuse, le chœur organise chaque année au moins un concert accompagné de petites pièces de théâtre qui font, dit la chronique, accourir de nombreux spectateurs. Tout cela est le fruit, notamment, de 2 répétitions hebdomadaires. Dans son discours prononcé à l'occasion du 30e anniversaire du chœur, le président dit notamment: "Combien de fois n'avons-nous pas admiré le dévouement de nos membres ouvriers et surtout de nos ouvrières de fabrique, couturières, modistes, etc. qui, dans les temps de presse (sic), fatiguées par l'absorbante besogne journalière, tiennent quand même à assister à nos répétitions et reprennent ensuite le travail chez elles jusqu'à une heure avancée de la nuit. Cela c'est plus que du dévouement, c'est de l'abnégation."

Anecdote: En 1920, la course d'été doit être modifiée en raison de la fièvre aphteuse qui paralyse une partie du canton.

 

De 1930 à 1939, on relève la participation du chœur à diverses manifestations telles que l'interprétation d'un "mystère" au Katholikentag de 1935, la participation à un concours cantonal à Romont, une production à la radio, etc. En outre, le chœur est fréquemment sollicité par des sociétés locales pour animer leurs fêtes. Durant cette période, la direction passe à M. Georges Aeby qui deviendra un compositeur bien connu dans notre canton. C'est M. Robert Nidegger qui  lui succède et qui dirigera le chœur durant 24 ans. En 1935, le chœur se dote de nouveaux statuts qui, notamment, imposent la présence obligatoire des choristes à la messe des dimanches et fêtes paroissiales, aux vêpres de 14 fêtes durant l'année et, par groupes restreints, aux vêpres des simples dimanches.

Anecdotes: Un donateur offre au chœur 2 valises pour le transport des livres de la tribune à l'école de la Neuveville pour les répétitions; elles sont parfois encore utilisées 80 ans plus tard! L'idée d'un drapeau se fait jour; des projets sont élaborés; malgré quelques sursauts de cette idée dans les décennies suivantes, elle ne se concrétisera jamais.

Durant les années 40, le nombre de répétitions annuelles est réduit: de 80 environ durant les décennies précédentes, il passe à une cinquantaine. En 1947, le chœur chante pour la première fois à La Providence, à l'occasion de la Saint Nicolas; cela deviendra une tradition encore vivante aujourd'hui. En 1948 M. Jean Fessler est nommé président, fonction qu'il assumera durant 45 ans, un record ! En 1949, le chœur fête en grandes pompes son 50e anniversaire.

Durant les années 50, l'effectif du chœur faiblit et reste inférieur à 30 membres. Dès 1959, le chœur a, pour la première fois, un directeur (M. Ignace Ruffieux) et un organiste (M. Robert Gisler) alors que jusqu'à ce moment le directeur était aussi l'organiste.

Anecdote: A l'occasion du décès de l'abbé Joseph Bovet et dans le cadre d'une collecte faite pour lui ériger un monument à Fribourg, le chœur verse 474 francs; le monument placé au fond des Grand-Places et aujourd'hui encore appelé familièrement "la morille" vient de subir une restauration.

Années 60. Après un demi-siècle de direction masculine, c'est Mlle Chantal Maradan qui prend la direction du chœur durant 4 ans; sa sœur, Mlle Nicole Maradan, lui succède durant un peu plus d'un an. M. Robert Gisler, organiste, assure l'intérim avant M. Ernest Maradan puis M. Claude Oberson qui dirige le chœur durant 17 ans. A la fin de cette décennie, le chœur compte moins de 20 membres.

Anecdote: L'assiduité aux répétitions est dorénavant récompensée par un petit cadeau (gobelet); après le bâton (voir 1903), la carotte… qui sera distribuée durant 35 ans.

Années 70. Au début de cette décennie, une pause estivale de 4 semaines est introduite. En 1975, une action de recherche de nouveaux choristes par l'envoi de centaines de circulaires dans le quartier ne donne pratiquement pas de résultats, si ce n'est l'adhésion de membres passifs. Seuls des contacts personnels apportent quelques nouvelles voix. Mais, comme jusqu'ici, le chœur assure fidèlement son service et participe à de nombreuses de fêtes de chant. Il voit plusieurs de ses membres être honorés par la médaille bene merenti.

Anecdote: L'introduction du nouveau rite de la messe ne laisse pas indifférent le président du chœur qui regrette l'abandon des missels de plain-chant où se trouvent des pièces chantées durant 1000 ans alors qu'il ne donne guère plus de 10 ans à une messe contemporaine! Cependant, à la fin de cette décennie, des choristes estiment que le grégorien a eu son temps de gloire et que certains l'apprécient encore, mais qu'il "jure" dans nos messes paroissiales.

Années 80. L'effectif du chœur est de nouveau un peu supérieur à 20 membres. De nouveaux statuts sont adoptés, en remplacement de ceux de 1935; ils instituent une commission liturgique qui élabore le programme choral des célébrations. Au milieu de cette décennie, M. Héribert Demierre prend la direction du chœur, fonction qu'il assurera durant 7 ans.

Anecdote: Mlle Simonetta Sommaruga tient les claviers de l'orgue durant 3 ans; 25 ans plus tard, elle sera conseillère fédérale.

Durant la dernière décennie du XXe siècle, l'effectif du chœur est proche de 30 membres. La direction du chœur est confiée à M. Michel Bugnon qui tient également l'orgue. Dès 1993, le chœur bénéficie d'un dimanche de "congé" par mois. En 1999, le chœur, qui compte alors 28 membres, fête son 100e anniversaire notamment par un concert avec les enfants de l'école de la Neuveville et par l'exécution de la "Messe du centenaire" composée par M. Stéphane Cosandey, son directeur depuis 1994.

Anecdote: En 1991, l'orgue installé en 1952 a des problèmes de fonctionnement et tombe en panne malgré des tentatives d'humidifier son environnement; il est remplacé par un harmonium en mauvais état puis par un orgue électrique.

2000 – .... La direction du chœur est confiée en 2004 à Mme Catherine Gachet-Ducret puis, en 2013, à Mme Ségolène Bolard. L'effectif de 20 membres au début de cette période augmente peu à peu jusqu'à atteindre le double. Commencée dans les années 80 et 90, la réduction du nombre de célébrations religieuses auxquelles le chœur participe se stabilise au début des années 2000: le chœur anime chaque année entre 15 et 20 célébrations à St-Jean, 2 à 3 à La Providence et l'une ou l'autre dans un autre sanctuaire de la ville de Fribourg, En 2013, un nouvel orgue, d'une qualité inégalée jusqu'alors, est installé sur une tribune réaménagée.

En automne 2017, la direction du chœur est confiée à Marion Pagin.

Anecdote: Un quart seulement des membres du chœur est domicilié sur le territoire de la paroisse.

Le chœur en juin 2018